Un cycle annuel de rencontres

Les Conférences du Patrimoine

La Société organise chaque année un cycle de conférences qui permet aux chercheurs de partager les résultats de travaux réalisés dans les domaines de l'archéologie, de l'architecture et de l'art. Accessibles à tous et gratuites, elles sont organisées d'octobre à avril en collaboration avec les Musées de la Ville de Strasbourg.

Ces conférences ont lieu à Strasbourg le jeudi de 18h à 20h l’auditorium du Musée d’art moderne et contemporain 1 place Hans Jean Arp 67000 STRASBOURG.

BUS 4 ou 10 : arrêt Art Moderne - Tram B ou F : arrêts Faubourg National ou Musée d’Art Moderne.

Entrée et libre et gratuite dans la limite des places disponibles



Archéologie en coeur de ville : premiers résultats des fouilles de la place de la Cathédrale à Colmar

Le 09 avril 2026 à 18:00

Le projet de réaménagement de la place de la Cathédrale à Colmar a motivé la prescription d'une fouille archéologique préventive réalisée par l'Inrap en 2022 et 2023. L'intervention a entraîné la mise au jour des deux cimetières d'époques médiévale et moderne de la collégiale Saint-Martin, situés de part et d'autre du canal du Mühlbach. Elle a permis d'apporter de nombreuses informations sur la topographie de ces espaces funéraires (murs d'enceinte, extension maximale, chapelles et équipements divers). La fouille de plus de 500 sépultures au sein de ces cimetières fournit un corpus important et inédit à l'échelle régionale pour la connaissance d'une population urbaine (âge au décès, état sanitaire, pathologies...) et les pratiques funéraires, pour une période comprise entre le XIIe et le XVIIIe siècle.

Une fouille peut en cacher une autre. La nécropole romaine de la Porte Blanche à Strasbourg

Le 12 mars 2026 à 18:00

La présentation portera sur les premiers résultats de l’opération d’archéologie préventive qui a été menée en 2023 à l’arrière de l’actuelle gare ferroviaire de Strasbourg. Elle a, en particulier, permis de (re)mettre au jour des vestiges funéraires de l’Antiquité tardive (seconde moitié du 3e et 4e siècle) qui avaient déjà été, en grande partie, fouillés à la fin du 19e siècle. Il s’agit ainsi d’une « fouille archéologique d’une fouille archéologique », celle d’une des premières grandes fouilles, menée entre 1878 et 1880, et dont le mobilier a constitué les premières nouvelles collections de l’actuel Musée archéologique de la Ville de Strasbourg, après l’incendie de la bibliothèque des Dominicains en 1870. L’exploitation des données est l’occasion de réinterroger cette fouille emblématique, dirigée par une figure de l’historiographie locale et ancien président de la SCMHA, une formidable occasion de compléter nos connaissances de ce secteur, alimentées par de nombreuses recherches récentes, et ainsi d’appréhender l’évolution topo-chronologique des espaces funéraires au cours de la période romaine.

Le métier d’architecte du patrimoine. Un exemple de pratique au service des monuments alsaciens

Le 12 février 2026 à 18:00

Un architecte du patrimoine est un architecte qui, après ses études d’architecture, a obtenu le diplôme de l’Ecole de Chaillot à Paris, pour exercer le métier d’architecte-restaurateur. Ce diplôme, en plus de la justification d’une pratique de l’architecture d’au moins dix ans dans le domaine du bâti ancien, permet d’exercer la maîtrise d’œuvre pour la restauration des monuments historiques classés, les monuments historiques inscrits étant accessibles à tout architecte. Au-delà de ces considérations juridiques, un architecte du patrimoine est spécialisé dans les techniques de conservation, de restauration, de réhabilitation et d’aménagement d’ensembles à caractères patrimoniaux, de l’échelle de l’édifice, à celle de la ville et du grand paysage. À l’échelle de la ville et du grand paysage, un architecte du patrimoine, en plus des missions classiques de maîtrise d’œuvre, est appelé à réaliser les études nécessaires à la mise en place de règlements d’urbanisme patrimoniaux (plan local d’urbanisme intercommunal à volet patrimonial, site patrimonial remarquable, plan de sauvegarde et de mise en valeur, plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine...). Actuellement, une quinzaine d’architectes du patrimoine locaux ou d’autres régions, dont les architectes en chef des Monuments historiques fonctionnaires de l’Etat et ayant le monopole pour les monuments historiques classés appartenant à l’Etat, exercent ce métier au service des monuments historiques et plus largement des édifices patrimoniaux de toute nature, protégés ou non. Cette conférence vous propose de découvrir un exemple de pratique de ce métier en Alsace, au travers de sujets variés (anciennes abbatiales d’Altorf et de Marmoutier, mont Sainte-Odile, fortifications de Neuf-Brisach, etc.).

NEUF-BRISACH: Inventaire d’un site remarquable

Le 15 janvier 2026 à 18:00

La place forte de Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008, est l’un des exemples les mieux conservés et la dernière des dix villes neuves créées par Vauban pour tenir les frontières du royaume de France à l’époque de Louis XIV. Les fortifications, commencées en 1698, sont déjà mises en état de défense quatre ans plus tard, mais les travaux se poursuivent au moins jusqu’en 1706, dernière année où on relève des crédits notables les concernant. Si l’on qualifie souvent Neuf-Brisach de « chef d’œuvre » ou de « ville idéale », les événements ont empêché le bon achèvement des projets théoriques de Vauban. Leur élaboration et le développement de la ville et de ses fortifications uniques constituent néanmoins une aventure humaine totalement hors du commun. Dans le cadre de la mise en place d’un PVAP (Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine) et afin de mieux connaitre ce patrimoine, la Communauté de Communes Alsace Rhin Brisach a mené une opération d’inventaire du patrimoine en partenariat avec la Région Grand Est et son Service Inventaire et Patrimoines. La réalisation de dossiers enrichis par une importante couverture photographique, ainsi qu’une étude inédite des archives communales, ont permis une analyse plus fine et une meilleure compréhension de ce patrimoine exceptionnel et de son évolution à travers l’Histoire.

Les missions des architectes des bâtiments de France

Le 09 janvier 2025 à 18:00

Les architectes des bâtiments de France sont des fonctionnaires d’encadrement supérieur appartenant au corps des architectes et urbanistes de l’État (AUE). Les architectes et urbanistes de l’État conseillent et accompagnent les élus sur les politiques d’aménagement du territoire et prennent part à l’élaboration des documents d’urbanisme. Dans le cadre de leur fonction d’architecte des bâtiments de France, les AUE assurent trois grandes missions : 1. Contrôler les espaces protégés en s’assurant de leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, 2. Conseiller les particuliers et les collectivités locales en matière d’architecture, d’urbanisme, de paysage, 3. Conserver les monuments historiques. Ainsi, les ABF conseillent et promeuvent une architecture et une urbanisation de qualité en tenant compte du contexte dans lequel les constructions doivent s’intégrer harmonieusement. La mission de contrôle Mission régalienne de l’architecte des bâtiments de France, le travail consiste à contrôler et veiller à la préservation des espaces protégés, contribuer à leur mise en valeur en participant à l’instruction des projets d’aménagement ou de travaux situés aux abords d’un monument historique ou en site protégé (sites inscrits et classés). Les ABF délivrent des avis sur les demandes d’autorisation d’occupation du sol (permis de construire, permis d’aménager, permis de démolir et déclaration préalable de travaux) ayant pour effet de modifier les espaces protégés. La mission de conseil La mission de conseil et sensibilisation consiste de façon générale à promouvoir la qualité architecturale et paysagère des constructions, en veillant notamment à l’intégration des enjeux liés au développement durable. Elle consiste également à contribuer à la qualité des projets d’aménagement de territoires urbains ou ruraux ainsi qu’à la politique de la ville. La mission de conservation Les architectes des bâtiments de France participent au suivi de l’état sanitaire des 45 000 monuments historiques que compte le territoire national. En plus des propositions et du suivi d’interventions d’entretien ou réparations ordinaires sur édifices classés, les UDAP mettent leur expertise au service de la surveillance d’état sanitaire des édifices protégés au titre des monuments historiques, et du contrôle des travaux sur les monuments en lien avec la conservation régionale des monuments historiques (CRMH). Par ailleurs, l’ABF est le conservateur des monuments historiques classés appartenant à l’Etat et affectés au ministère de la Culture dans son département. Il a généralement en charge la cathédrale dont il est également le responsable unique de sécurité (RUS), garant de la sécurité de l’établissement ouvert au public dont il assure la conservation.

Le castrum du Burcberck-Purpurkopf : archéologie d’une fortification comtale des IXe-Xe siècles

Le 06 mars 2025 à 18:00

Le sommet du Purpurkopf à Rosheim, petite éminence gréseuse dominant le versant sud de la vallée de la Magel, abrite les vestiges d’un bâtiment rectangulaire entouré d’une vaste enceinte. Des fouilles archéologiques menées depuis 2022 par Archéologie Alsace sur le site ont permis d’attribuer cette fortification à un castrum comtal des IXe et Xe siècles mentionné dans une bulle du pape Léon IX. Les méthodes de construction employées et l’organisation spatiale du site, très différentes de celles des châteaux plus tardifs, apportent un regard nouveau sur l’origine du phénomène castral en Alsace. Les recherches ont également mis au jour les vestiges d’une occupation de l’Antiquité tardive qui reste néanmoins difficile à caractériser. Cette conférence reviendra sur les trois campagnes de fouilles et proposera une synthèse des résultats.

La restauration de la cathédrale de Metz par Paul Tornow. La fabrique d’un monument idéalisé

Le 06 février 2025 à 18:00

À l’image de la Moselle, la cathédrale Saint-Étienne de Metz cristallise une histoire mouvementée. Construite sur près de trois siècles, elle subit d’importantes modifications au milieu du XVIIIe siècle : son environnement d’origine disparaît au profit d’un aménagement urbain parfaitement ordonné et dessiné par Jacques-François Blondel. Le XIXe siècle marque tout aussi profondément l’édifice : les Français déposent progressivement les ajouts classiques et isolent le monument de son contexte urbain. En 1871, la cathédrale intègre le nouvel Empire allemand. Elle connaît alors une profonde restructuration rendue possible par des moyens financiers hors norme et des ambitions politiques nouvelles portées par Guillaume II. Nommé Dombaumeister en 1874, l’architecte prussien Paul Tornow établit rapidement un grand projet pour Metz. En trente-deux années, il restaure la quasi-totalité de la cathédrale et dirige trois grandes séries de travaux qui modifient en profondeur l’édifice : reconstruction de la toiture, restauration du portail de la Vierge et création du portail principal. En dépit de ses longues années au service du monument, l’architecte ne verra pas aboutir ses projets de flèches sur la tour du Chapitre et à la croisée du transept, correspondant à une vision idéalisée de la cathédrale médiévale.

La synagogue médiévale de Rouffach. Une étude archéologique du bâti dans son contexte urbain

Le 14 novembre 2024 à 18:00

Édifiée au XIIIe siècle, l’ancienne synagogue de Rouffach, dans le Haut-Rhin, est l’un des plus anciens bâtiments juifs conservés d’Europe, et le seul bâtiment juif médiéval certain conservé en France. Bien que la communauté juive de la ville au Moyen Âge ait fait l’objet de plusieurs recherches, la seule publication sur le bâtiment jusqu’à récemment était une étude de Charles Winkler parue en 1906. Dans le cadre d’une étude réalisée en 2020, de nouvelles informations ont pu être obtenues grâce aux méthodes de l’archéologie du bâti. Ce travail a permis des réflexions inédites sur l’architecture, l’accès à la synagogue et son utilisation au Moyen Âge, réfutant en partie les propositions avancées jusqu’alors. Par ailleurs, la transformation de l’édifice en maison d’habitation avec une stube en partie conservée, y compris la charpente, a pu être datée du XVe siècle par analyse dendrochronologique. La conférence présentera les nouvelles connaissances acquises sur la construction initiale de la synagogue ainsi que sur sa transformation en maison d’habitation au Moyen Âge tardif.

Les gisants de Soultzbach : un couple de pierre à la veille de la Guerre des Paysans

Le 10 octobre 2024 à 18:00

Conservé à Soultzbach-les-Bains, le monument funéraire de Jacques de Hattstatt et de son épouse Merge de Ratsamhausen n’a pas d’équivalent entre Vosges et Rhin. Cette sculpture en ronde-bosse a été réalisée avant la mort des époux, en 1516, dans un seul bloc de grès jaune, ce qui n'a jamais été relevé et représente un cas unique. Elle donne une image idéale d’un guerrier contemporain de Bayard et mérite d’être replacée dans son environnement. Le seigneur de Soultzbach n’est pas un héros chevaleresque : c’est un bon témoin de son temps, à la veille de la Guerre des Paysans.

De l’espace urbain à l’intimité de la demeure : la peinture murale à Strasbourg autour de 1600

Le 14 mars 2024 à 18:00

Autour de 1600, Strasbourg était ornée de peintures, en grisaille ou en couleur, historiées, héraldiques ou ornementales, tant sur les façades des édifices publics que des demeures privées. Les décors intérieurs restent plus secrets et c’est principalement à la faveur de travaux de restauration que certains ensembles ont pu être dégagés. Des maîtres illustres tels que Tobias Stimmer et Wendel Dietterlin sont évoqués dans les chroniques ou les archives. À l’hôtel des chanoines, le Bruderhof, Dietterlin est cité autour de 1575. Quelques années plus tard, son intervention est mentionnée dans la maison de l’Œuvre Notre-Dame, mais on peut également supposer celle de Stimmer pour le décor des façades connu à travers des relevés. En dehors des bâtiments officiels, de nombreux édifices privés ont reçu une parure colorée. La célèbre maison Kammerzell offre un témoignage indirect de ces peintures décoratives refaites d’après les traces conservées. Le mur-pignon du 9 rue Sainte-Hélène, ayant appartenu au peintre David Kandel, était revêtu d’un décor d’enroulements en grisaille jusqu’en 1992. Au 20 rue Hannong, un décor daté de 1612 a entraîné la dépose d’urgence du pignon, aujourd’hui conservé au Musée historique. Au 17 rue des Hallebardes, c’est à l’intérieur que se révèlent les vestiges du décor d’une vaste salle d’apparat. Les peintures ornementales du XVIe siècle ont été photographiées puis partiellement sacrifiées pour dégager celles, historiées, du XIVe siècle. Elles apparaissent comme une transposition des motifs peuplant les bordures d’encadrement de gravures de Solis ou de Stimmer, dont l’origine est le modèle de Cornelis Floris. Une autre salle d’apparat, 1 rue du Bouclier témoigne également de ce goût pour les baies ornées d’enroulements bleutés et de putti aux postures instables, de chutes et de festons. En dehors de ces décors essentiellement ornementaux, des compositions plus ambitieuses subsistent comme au 10 place de la cathédrale avec des peintures en grisaille illustrant le premier psaume, attribuées à Kandel autour de 1577-1580. Enfin, le 15 place de la Cathédrale conserve un ensemble inédit de remarquable qualité, mettant en scène l’amour et la fortune dans des tableaux inspirés par les livres d’emblèmes.