René SCHELLMANNS

Acteurs du patrimoine

René SCHELLMANNS, l’archéologue au grand cœur


Propos recueillis par Maxime WERLÉ

RENÉ SCHELLMANNS est, à 78 ans, l’un des meilleurs représentants de ces archéologues amateurs qui ont porté l’archéologie alsacienne avant que celle-ci ne se structure véritablement et ne se professionnalise.
S’il compte parmi les pionniers de l’archéologie castrale et médiévale, sa grande curiosité l’a fait cheminer fort loin le long de la frise chronologique : il a fouillé et prospecté des sites gallo-romains, contribué de façon décisive à la connaissance des abris gravés des Vosges du Nord, et révélé l’existence d’une station du Mésolithique dans l’Outre-Forêt.
Placé au centre d’un vaste réseau d’amis et de connaissances, il n’a jamais cessé d’arpenter son territoire d’un site à l’autre.
Il a recueilli, mine de rien, toutes les informations qui concernent l’archéologie dans le nord de l’Alsace, intervenant inlassablement pour enregistrer des découvertes fortuites, sauver de l’oubli les sites menacés de destruction imminente, alertant les services chargés de la protection du patrimoine, collaborant à des recherches collectives et à la diffusion des connaissances dans des revues et des publications.
Il a consacré sa vie à sa passion : la recherche archéologique dans l’Outre-Forêt. Pour la mettre en lumière, il s’est très tôt engagé dans une intense activité associative, et il a plus que contribué à la naissance et au développement de structures muséales et pédagogiques (la Maison de l’archéologie de Niederbronn-les-Bains dont il est à l’origine, le musée Westercamp à Wissembourg dont il a été le conservateur, ou encore la Maison rurale de l’Outre-Forêt).
Tout cela, il l’a réalisé pendant près de trente ans à côté de son travail d’instituteur de village et de directeur d’école.
Au-delà de ses connaissances et de ses compétences scientifiques, ce sont aussi sa grande gentillesse, sa modestie, sa générosité et son sourire qui le rendent si cher à toutes les personnes qui ont le bonheur de le côtoyer.
On se rend d’ailleurs vite compte que, pour lui, l’archéologie est autant une affaire de passion et de recherche que de rencontres et d’amitiés. De son service militaire sous le feu en Algérie, il ne tire aucun orgueil, mais bien au contraire une grande humilité.
Son regard plein de douceur et de bienveillance dissimule pourtant une profonde blessure : la mort de son fils dans un accident de moto, quand il était étudiant à l’École d’architecture de Strasbourg.
Il l’évoque du bout des lèvres, avec pudeur et avec une émotion contenue, pour parler aussitôt de sa fille et de ses petits-enfants avec fierté. De ses médailles militaires (Croix du combattant et Titre de reconnaissance de la Nation) et de ses distinctions (chevalier des Palmes académiques et chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres), en revanche, il ne m’a pas dit un mot. L’entretien qu’il m’a accordé, chez lui à Lampertsloch, était passionnant.



René, raconte-nous qui tu es, et d’où t’es venue cette passion pour l’archéologie ?
Je suis né en 1938 à Haguenau, d’où ma mère était originaire. Mon père était de Niederbronn.
Il travaillait dans la comptabilité, dans la lignée de son père et de ses aïeux, qui étaient presque tous engagés dans l’administration de la maison De Dietrich.
Ils étaient ce qu’on appelait des « cols blancs », pour les distinguer des gens qui travaillaient à la « Schmelz », c'est-à-dire en usine, dans la fonderie et dans toutes les activités de la métallurgie.
Dans mon enfance, c’était la guerre. On a été un peu bousculés.
Après la guerre, mon père est parti travailler comme comptable à Guebwiller, dans le Haut-Rhin, et en 1947 ma mère et moi l’avons rejoint. J’y ai vécu ma jeunesse et mon adolescence dans un milieu protestant calviniste. Je suis entré dans le milieu du scoutisme. J’étais éclaireur unioniste de France. À cette époque, c’était un milieu industriel, riche à tous points de vue. J’y ai rencontré beaucoup de jeunes, issus des filatures et des tissages. Nos chefs éclaireurs étaient très ouverts, notamment à tout ce qui concerne la nature.
L’un d’entre eux était Julien Schweizer (qui plus tard est devenu conservateur du musée du Florival à Guebwiller, et qui vit aujourd’hui à Soultz). Il nous emmenait dans la nature, avec Gonthier Ochsenbein, un pasteur qui pratiquait la botanique et la géologie à un haut niveau .



René SCHELLMANNS © René SCHELLMANNS, 2016

Nous faisions aussi des camps. Au cours d’un camp à Die, dans la Drôme, Julien m’a emmené, moi seul, dans les grottes situées en hauteur, au-dessus du hameau de Mensac, près de Châtillon-en-Diois. On a gratté et on a déterré des choses, des os et des silex. Je ne me rendais pas bien compte encore de tout ce que ça sous-entendait sur l’habitat de ces hommes dans des endroits aujourd’hui déserts, mais ça m’a plu. Puis, en 1954, ma famille est retournée à Niederbronn, où mon père a obtenu un poste à la Caisse d’Épargne. C’est là que je suis vraiment tombé dans l’archéologie.
En 1956, à l’âge de 18 ans, j’ai commencé à participer aux fouilles du Frohret et de l’Ebershœltzel (entre Niederbronn et Oberbronn), avec mon voisin, Georges Ériau, qui était directeur d’école et membre de la Société niederbronnoise d’histoire et d’archéologie (SNHA). Il était mon aîné de 13 ans, il avait aussi été éclaireur, et on s’entendait bien. Avec lui, qui dirigeait les recherches, j’ai été initié pendant plusieurs années aux fouilles gallo-romaines, notamment d’une villa avec hypocauste. Mais ça me démangeait de faire autre chose, parce que j’étais déjà amoureux des châteaux forts ! J’ai commencé à faire des sondages dans les cônes-dépotoirs au Hohenfels. C’était en quelque sorte clandestin, car à cette époque il n’y avait pas encore d’autorisations de fouilles pour les sites médiévaux. J’y allais seul, avec ma copine de l’époque… qui est ma femme aujourd’hui [rires].
On ne faisait pas de grosses tranchées, car je me doutais bien que ce n’était pas très bien ce que je faisais. On se dissimulait quand des gens passaient… En 1958, j’ai commencé à vider avec une petite équipe la « citerne » du Hohenfels. On a dû arrêter, car il y avait de gros blocs coincés en travers, et ça risquait de devenir dangereux. À ce moment-là, j’étais déjà membre (le plus jeune) du comité de la SNHA, qui était alors très active. Au cours de mes premières fouilles des cônes-dépotoirs, j’ai recueilli beaucoup de matériel, et des choses intéressantes et étonnantes. J’ai par exemple découvert des plaquettes de brigandine : au bas Moyen Âge, ces plaques de métal étaient rivetées sur du cuir ou du tissu, pour constituer une protection simple mais sans doute efficace (sauf contre les carreaux d’arbalète).
En novembre 1959, je suis parti faire mon service militaire en Algérie, jusqu’en février 1962. C’était 28 mois de terrain dans un pays en guerre, et ce n’était pas une « petite guerre » : j’ai essuyé des feux, et je n’étais pas le seul. Je dis toujours que j’étais « malgré-nous », ou plutôt « malgré-moi » : je n’ai jamais voulu tirer sur des fellagas. En Algérie, je suis devenu instituteur : un capitaine m’a proposé de faire la classe à des élèves issus d’un regroupement de familles algériennes, arrachées à leur propriété ou à leur mechta dans la montagne, pour qu’elles n’alimentent pas les réseaux de combattants. Pour moi, ça a été une parenthèse humainement très riche et très féconde : malgré mon uniforme, j’ai appris à connaître ces gens, qui avaient une autre langue et une autre religion et qui vivaient dans d’autres conditions que moi, le métropolitain. Cette activité a probablement déclenché ma vocation ultérieure.
À mon retour, je me suis vraiment lancé corps et âme dans les activités archéologiques. De 1962 à 1966, j’ai continué les fouilles dans les cônes-dépotoirs du Hohenfels, tout en poursuivant les fouilles gallo-romaines avec Georges Ériau. Après, tout a été très vite. De 1965 à 1977, j’ai fait des prospections, des relevés et des photographies des abris gravés des Vosges du Nord, pour lesquels j’ai par la suite été en contact avec Christian Jeunesse . À partir de 1970, j’ai par ailleurs commencé à faire des prospections sur le site mésolithique de Climbach.
Dans le même temps je continuais à travailler sur le matériel du Hohenfels. Un beau jour de 1971, j’ai d’ailleurs eu une des premières autorisations de fouille délivrées en Alsace pour la période médiévale, pour les investigations au Hohenfels, qui ont duré jusqu’en 1981. Il reste, au musée archéologique de Niederbronn, une photo d’une réunion au château, avec les représentants de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d’alors, François Pétry , Erwin Kern et Robert Will . Erwin Kern, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de l’aider quelques fois dans ses fouilles à Brumath, qu’il encadrait de près et avec une grande compétence technique. Dans ce petit monde, il y avait également Hans Zumstein, qui travaillait au musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg, que j’appréciais bien, et aussi et surtout Bernadette Schnitzler . C’était un milieu très ouvert, dans lequel toutes les disciplines et toutes les périodes chronologiques s’interpénétraient et se rencontraient. J’ai été instituteur à partir de 1963 et jusqu’à ma retraite en 1995. J’étais enseignant par vocation, mais j’aurais aussi pu faire autre chose : au départ je voulais d’ailleurs faire des études de psychologie. Mais la guerre d’Algérie, puis le fait d’être fils unique et de me sentir le devoir de rester non loin de mes parents, déjà un peu vieillissants, m’ont conduit vers l’enseignement.
En 1967 j’ai été nommé instituteur et directeur d’école à Keffenach [non loin de Soultz-sous-Forêt et de Wissembourg] : j’ai donc quitté Niederbronn et me suis installé avec ma femme dans l’école, où nous avons habité pendant 17 ans. J’ai alors élargi quelque peu mon champ d’action géographique et je me suis ouvert à d’autres périodes chronologiques.
Mes activités archéologiques, je les ai toutes menées à côté de l’enseignement. Les fouilles, les prospections, les rapports, les comptes rendus, des articles, les activités associatives, patrimoniales, muséographiques, etc. : je menais tout ça de front, je ne sais plus trop comment.
J’étais passionné ! Je pouvais travailler nuit et jour, pendant les congés, les dimanches, les mercredis surtout. Au début, mon épouse participait activement, jusqu’à ce que naissent [en 1968 et 1969] nos deux enfants. C’est là que je me sens un peu coupable parfois, par rapport à mes enfants. En même temps, ils étaient un peu fiers, je crois, que leur papa soit entouré, reconnu et qu’il rencontre beaucoup des gens.
Concrètement, ça n’était pas toujours facile de s’organiser. Par exemple, pour la fouille du château médiéval Saint-Rémy à Wissembourg-Altenstadt (de 1975 à 1978), je ne pouvais pas être assez présent, parce que je travaillais . Comme il y avait urgence (les fossés de la Wasserburg étaient en train d’être comblés par une entreprise de construction), il fallait que je sois soutenu par la Direction des Antiquités historiques. François Pétry a délégué Erwin Kern, qui est venu m’aider, avec Bernadette Schnitzler. Ils ont fait une grande tranchée, très intéressante, à l’intérieur du château.
Mais je n’avais plus la main, de sorte qu’il est possible qu’une partie du matériel et de la documentation de fouille se trouve encore à la DRAC, à Strasbourg. Nous, les bénévoles locaux, nous étions surtout là pour donner un coup de main. À cette époque, j’étais correspondant de la circonscription des Antiquités préhistoriques et historiques d’Alsace : j’avais un papier officiel du Préfet pour la période préhistorique, et un autre pour l’époque historique. Je relevais donc à la fois d’André Thévenin pour la Préhistoire et de François Pétry pour l’Histoire. Ça facilitait parfois les choses sur le terrain.


À côté de tes activités d’archéologue amateur, tu as aussi eu un engagement associatif et participé à la conception de structures muséales. Peux-tu nous parler de ces expériences ?
Je suis le concepteur de la Maison de l’archéologie à Niederbronn-les-Bains, dont j’ai rédigé le premier projet en 1976-1977. J’y pensais même un peu avant. C’était une période féconde pour les créations dans le secteur du Patrimoine et de la Culture. J’ai conçu ce projet muséographique comme un centre de recherches archéologiques dans les Vosges du Nord.
Certaines de mes idées ont été adoptées, d’autres non. J’aurais voulu que le château du Schœneck, que l’on aurait pu fouiller pendant de longues années, devienne la pierre angulaire des activités archéologiques et pédagogiques de la Maison de l’archéologie. Ça ne s’est pas fait. À l’époque, il n’y avait pas de musée consacré au Moyen Âge, même dans le Palatinat voisin. Le plus proche était le musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg. Je pensais que le moment était venu de parler des châteaux forts autrement.
La quantité de matériel que l’on avait à disposition grâce aux fouilles était impressionnante, par comparaison avec ce qui était exposé ailleurs. Pour le Mésolithique [entre environ 10 000 et 6 000 ans av. J.-C.], on n’a jamais voulu ou pu y porter plus d’effort ou d’intérêt.
J’aurais voulu qu’une salle soit consacrée à cette période de la Préhistoire, qui fait la transition entre le Paléolithique et le Néolithique, où beaucoup de choses se sont faites. On avait pourtant un matériel conséquent, du fait de mes prospections à Climbach. Dans ces années-là, il y a eu aussi un chantier de fouilles gallo-romaines à Soultz-sous-Forêt [1980-1984], les fouilles de la SNHA au château du Schœneck [1982-1985], celles de la Porte Saint-Étienne à Wissembourg [1987], des chantiers archéologiques à Niederbronn, le travail sur la Carte archéologique et de nombreuses publications. En 1988, j’ai aussi été nommé conservateur du Musée Westercamp à Wissembourg, et en 1990 je suis devenu vice-président du Cercle d’histoire et d’archéologie de l’Alsace du Nord [le CHAAN], qui édite la revue trimestrielle L’Outre-Forêt, à laquelle j’ai participé dès le premier numéro en 1973.
J’ai aussi été impliqué dans la conception de la Maison rurale de l’Outre-Forêt à Kutzenhausen, et je suis devenu membre du comité directeur de l’AMROF en 1989 . Ça c’est autre chose comme expérience. J’ai participé assez longtemps à l’animation de cette maison. Par la suite, je me suis mis en retrait, parce qu’il y a désormais une bonne équipe de gens du cru. Auparavant, il y avait beaucoup d’instituteurs comme moi, avec qui nous faisions l’animation pédagogique. À deux ou trois, on recevait des classes qui arrivaient en car, et on les prenait en charge, chacun un groupe : on faisait visiter, on racontait la vie d’autrefois.
Comme enseignants, on avait quelque chose de plus, que les autres n’avaient pas de la même façon. On faisait écrire les visiteurs à la plume Sergent-Major, avec des encriers. Ça plaisait beaucoup aux enfants, et même aux gens âgés ! Ils retournaient chez eux avec des taches d’encre sur les mains, c’était rigolo. Le matériel de cette salle de classe venait de l’école de Keffenach, où j’étais enseignant : quand on a rénové la salle de classe, j’ai d’abord fait déposer les vieux bancs en réserve au Musée de Niederbronn, et quand la maison s’est ouverte à Kutzenhausen, j’y ai intégré ce mobilier.
J’ai donc de nouveau fait classe devant les bancs que j’avais devant moi quelques années auparavant, en tant qu’enseignant. Pour nous procurer du matériel scolaire, j’ai longtemps dû collecter l’encre et les encriers : chaque fois que j’apprenais qu’une école des environs allait être vidée et transformée, j’allais sur place récupérer les réserves abandonnées par d’anciens collègues. C’est comme ça que s’est créé le fond de la Maison rurale, avec l’aide d’autres collègues. Nous avions tous un peu la nostalgie de l’école d’autrefois.


Et maintenant, plus de 60 ans après tes premières fouilles, qu’est-ce qui a changé, selon toi ? Comment vis-tu désormais ta passion ?
Je suis un peu triste de voir que tout ferme, que la Maison de l’archéologie de Niederbronn risque d’être supprimée, et que l’on me dise parfois que tous ces papiers que j’ai accumulés, tous ces tessons, tous ces éclats, personne n’en fera jamais rien. La standardisation, la globalisation, le Grand Est, ce sont aussi des choses qui me turlupinent.
Je comprends bien que le monde évolue, que l’on ne peut pas rester immobile, mais je voudrais que l’on ne se détourne pas du passé, que l’on essaie de comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont. Tout est compréhensible et explicable. Il y a des évolutions en archéologie (l’informatique, les levés Lidar, etc.) qui ouvrent des portes nouvelles, qui permettent de faire des recherches sans faire des grands trous et sans détruire les vestiges que l’on fouille, parce qu’on saccage toujours, même si on prend toutes les précautions.
Mais, d’un autre côté, j’ai un peu peur que quand on traite les choses de façon informatique et détachée du terrain, ça se déshumanise un peu. Dans le temps, on était peut-être moins nombreux, mais on était plus proches, on était tous des bénévoles, on faisait ça par passion, sans trop de prétention. Aujourd’hui, c’est rassurant quand on voit que des jeunes viennent de temps en temps vers toi, en demande de quelque chose qu’ils sentent qu’ils ne trouveront pas forcément dans les livres, ni dans les cours à l’université.
Quand on me demande quelque chose, j’essaie de donner le maximum de ce que j’ai. C’est comme dans les civilisations traditionnelles où les anciens ont encore quelque chose à dire ou à partager. À la campagne, cette transmission existait aussi autrefois. C’est un peu regrettable que ça disparaisse, car on perd des connaissances en agriculture, pour l’élevage des lapins ou des poules [rire].


Finalement, parmi toutes ces recherches, toutes les activités que tu as menées, y a-t-il quelque chose dont tu es particulièrement fier ?
Euh… Tout ! Le Hohenfels, peut-être... Bernhard Metz m’a un jour collé un adjectif, en parlant de la « fouille pionnière de René Schellmanns au Hohenfels », ou quelque chose comme ça. C’est gentil, je l’ai d’ailleurs remercié. Et puis je me suis dit : « Tiens, c’est vrai. Tu as fait quelque chose que peu de gens à l’époque avaient faite ». Je n’étais pas mécontent de moi. J’avais aussi constaté, comme d’autres à cette époque, que la céramique de poêle médiévale connaissait une évolution, qu’il y avait une grande diversité de pots de poêle, avec ou sans décors, glaçurés ou non. Je m’étais fait reprendre un jour lors d’un colloque, par Joëlle Burnouf11, parce que j’avais dit « vernissés »… Il fallait dire « glaçurés » ! J’ai répondu : « Oui, enfin… d’accord, glaçurés, mais… ils sont quand même vernissés ! » [rire malicieux].
Ça, les fouilles, les prospections, les abris gravés, l’Encyclopédie de l’Alsace [publiée en 13 volumes de 1982 à 1986] à laquelle j’ai contribué, ou la Carte archéologique de la Gaule [dont le volume consacré au Bas-Rhin est paru en 2000], ça m’a donné l’occasion de contacter des gens un peu partout, c’est enrichissant, ça ouvre des horizons. J’ai touché à toutes les périodes, sans être spécialiste d’aucune. Un exemple : je prospecte depuis près de 50 ans le site mésolithique de Climbach.
À chaque fois que j’ai eu besoin d’une aide pour analyser le matériel lithique, j’ai fait appel à des spécialistes : André Thévenin et Jean Sainty. On a fini par faire ensemble une publication dans L’Outre-Forêt. Les deux ont été gentils, ils m’ont mis devant dans la signature12. Ce n’est pourtant pas moi qui ai écrit l’essentiel, c’est eux !



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