Une publication de référence

Cahiers alsaciens d'archéologie d'art et d'histoire


Les Cahiers alsaciens d'archéologie, d'art et d'histoire présentent chaque année des découvertes archéologiques récentes (de la Préhistoire à la fin du Moyen Âge), des monuments en cours d'étude ou de restauration ainsi que des réalisations artistiques (sculpture, peinture, arts décoratifs). Publication scientifique de qualité, ils constituent depuis 1856 une référence pour la connaissance du patrimoine alsacien.

Retrouvez toutes les archives des conférences de la Société de Conservation des Monuments historiques d'Alsace ...


Tome LXI - 2018


Sommaires







Résumés

Paul Wernert, témoin et acteur de la préhistoire : les premières recherches, d’Achenheim à Puente Viesgo entre 1903 et 1914

Paul Wernert (1889-1972) est une figure discrète de la préhistoire, dont on ne connaît souvent que les recherches menées durant plus de cinquante ans à Achenheim. Mais cette longue recherche s’est construite au gré de rencontres précoces, qui lui permirent de côtoyer et de travailler avec les acteurs du renouveau de la recherche préhistorique au début du XXe siècle. Sa rencontre avec l’abbé Henri Breuil (1877-1961), dès l’âge de 21 ans, est également à l’origine d’une longue amitié de plus de cinquante ans, qui cache le versant méconnu d’une riche recherche, ouverte et internationale.

Zusammenfassung : Paul Wernert (1889-1972) war ein diskreter Prähistoriker, der oft nur für seine über fünfzig Jahre lang fortgeführten Forschungen in Achenheim bekannt ist. Aber diese lang andauernden Untersuchungen bauten auf frühe Begegnungen mit den Persönlichkeiten, die im frühen 20. Jh. die vorgeschichtliche Forschung erneuert haben. Schon mit 21 traf er Abbé Henri Breuil (1877-1961); es war der Anfang einer über fünfzig Jahre andauernde Freundschaft, hinter der sich eine reichhaltige, offene und internationale Forschungstätigkeit verbirgt.

par Éric BOËS




De nouveaux habitats et un ensemble funéraire du Michelsberg ancien à Vendenheim « Les Portes du Kochersberg » et à Achenheim « Strasse 2 » (Bas-Rhin)

Deux nouveaux sites du Michelsberg ancien ont été fouillés entre 2013 et 2016 sur les rebords du plateau du Kochersberg, au nord et à l’ouest de Strasbourg. Le site de Vendenheim a livré les vestiges d’un habitat constitué d’une vingtaine de fosses de plan circulaire contenant un abondant mobilier céramique illustrant l’ensemble de la gamme des productions du Michelsberg ancien régional, période encore peu documentée et jusqu’ici reconnue à travers des assemblages isolés. À l’écart de cet ensemble, dans un secteur proche du lieu-dit « Les Coteaux » – où un dépôt animal du Michelsberg ancien a anciennement été documenté – a été fouillée une fosse de plan circulaire contenant, sur deux niveaux de dépôt, les dépouilles d’un enfant et d’un canidé. Le site d’Achenheim « Strasse 2 », qui n’a livré que peu de structures domestiques, se distingue par la présence d’un petit ensemble funéraire constitué de quatre tombes localisées à l’écart de l’habitat. Les inhumations (corps allongés dans des creusements oblongs et orientation au nord-ouest), attribuées à l’horizon chronologique Michelsberg ancien par le radiocarbone, s’inscrivent dans la tradition funéraire régionale de la première moitié du Néolithique moyen et témoignent de son maintien jusqu’à l’aube du 4e millénaire.

Zusammenfassung : Zwischen 2013 und 2016 wurden im Norden und Westen von Strassburg am Kochersberg zwei neue frühmichelsberger Fundorte untersucht. An der Grabungstätte Vendenheim wurden Reste einer Siedlung mit rund zwanzig kreisförmigen Gruben freigelegt, die zahlreiche Keramikgegenstände enthielten. Das Inventar umfasst das gesamte Produktionsspektrum der regionalen frühmichelsberger Periode. Diese noch kaum dokumentierte Kultur konnte bisher nur vereinzelt nachgewiesen werden. An einer weiteren Grabunsgstätte in der Nähe der Ortschaft « Les Côteaux », wo zuvor bereits eine frühmichelsberger Abfallgrube mit Tierresten nachgewiesen worden war, befand sich eine kreisförmige Grube, die in zwei Abfallschichten die Überreste eines Kindes und eines Hundes enthielt. Am Grabungsort Achenheim « Strasse 2 », wurde neben wenigen Siedlungsresten eine kleine Grabanlage mit vier Gräbern abseits der Wohnhäuser gefunden. Diese Grabstätten (gestreckte Körperlage, rechteckigen Gruben, Nordwestausrichtung)) konnten mit der Radiokarbonmethode auf die frühmichelsberger Kultur datiert werden; sie sind den regionalen Bestattungstraditionen der ersten Hälfte der mittleren Jungsteinzeit zuzuordnen und belegen, dass sich diese Bräuche bis ins frühe 4. Jahrtausend hileten.

par Philippe LEFRANC et Fanny CHENAL




Un assemblage du Bronze ancien évolué à Wittenheim « Rue du Vieil Armand et de Bourgogne II » (Haut-Rhin)

Un diagnostic archéologique, conduit sur la commune de Wittenheim en 2015, a permis la découverte d’une fosse isolée appartenant probablement à une occupation de type domestique de faible densité. La structure a livré un assemblage céramique essentiellement constitué d’urnes à cordons attribuables au Bronze ancien évolué et trouvant de nombreux parallèles sur les sites de Suisse occidentale et orientale. La mise au jour de ce petit ensemble constitue une nouvelle occasion de s’interroger sur les diverses influences à l’œuvre dans le sud de la plaine du Rhin lors de la première moitié du 2e millénaire avant J.-C.

Zusammenfassung : Bei Sondierungsgrabungen in der Gemeinde Wittenheim im Jahr 2015 wurde eine einzelne Grube freigelegt, die vermutlich zu einer Siedlung von geringer Dichte gehörte. Das darin enthaltene Keramikinventar bestand in der Hauptsache aus frühbronzezeitlichen Urnen mit Schurdekor, wie sie auch häufig an den Grabungsstätten in der West- und Ostschweiz gefunden werden. Das kleine Ensemble liefert weitere Anhaltspunkte für die Erforschung der Austauschbeziehungen im Süden der Rheinischen Tiefebene in der ersten Hälfte des 2. Jahrtausend v. Chr.

par Philippe LEFRANC




Une occupation antique sous l’Hôpital civil de Strasbourg

Une fouille réalisée sur le site de l’Hôpital civil de Strasbourg entre 2012 et 2013 a permis de mettre au jour des vestiges antiques dans un secteur anciennement inondable. Malgré de nombreuses perturbations postérieures à la période antique, un plan relativement précis des vestiges a pu être dressé et les données relatives à l’opération préventive ont permis de déterminer l’existence en ces lieux d’un quartier d’habitat à vocation artisanale encore inédit entre le milieu du Ier siècle et le début du IVe siècle.

Zusammenfassung : Bei Grabungen unter dem Strassburger Hôpital civil in den Jahren 2012 und 2013 wurden in einem früheren Überschwemmungsgebiet antike Siedlungsbefunde freigelegt. Trotz der zahlreichen späteren Eingriffe an diesem Standort konnte ein relativ genauer Plan der Anlage hergestellt werden, und die Ergebnisse der Präventivgrabungen weisen darauf hin, dass sich hier zwischen dem 1. und dem frühen 4. Jh. eine bisher nicht dokumentierte handwerklich genutzte Siedlung befand.

par Axelle MURER




L’occupation du quartier de l’Hôpital civil de Strasbourg entre le milieu du Xe siècle et nos jours

Après un hiatus entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge, le site de l’Hôpital civil de Strasbourg est réoccupé entre le milieu du Xe et le milieu du XIIIe siècle, sous la forme de structures annexes d’un habitat comme le suggère la découverte de quelques fosses, de latrines et de quelques trous de poteaux. L’occupation se densifie ensuite et s’étend sur l’ensemble du site ; elle se matérialise par des bâtiments fondés en dur, des fosses et des puits, répartis en bordure d’un probable axe antérieur à l’ancienne rue du Bouc, menant vers l’extérieur de l’enceinte épiscopale datée du XIIIe siècle et englobant la rive droite de l’Ill. C’est à partir de la fin du XIVe siècle, d’après les archives, que l’hôpital de la ville, dont la date de création n’est pas attestée précisément, est déplacé et définitivement implanté à cet emplacement ; son installation semble aller de pair avec la mise en place de la nouvelle enceinte maçonnée, qui agrandit le périmètre initialement circonscrit. Les décapages successifs ont montré que c’est à partir de cette période que vont se succéder les vestiges qu’il a été possible de rattacher aux différents états des hôpitaux et du quartier l’environnant jusqu’au XIXe siècle.

Zusammenfassung : Nach einer Unterbrechung zwischen Spätantike und Frühmittelalter wurde das Gelände des Straßburger Bürgerspitals zwischen der Mitte des 10. und der Mitte des 13. Jhs. wieder besiedelt, denn es wurden etliche Gruben, Latrinen und Postenlöcher gefunden, die zu einer Siedlung gehörten. Später wurde die Besiedlung dichter und breitete sich auf das ganze Gelände aus. Man erkennt sie an Gebäuden mit gemauerten Fundamenten, an Gruben und Brunnenschächten, sie sich anscheinend entlang eines Wegs verteilten, der älter war als das einstige Bocksgässel. Dieser Weg führte aus der Ringmauer des rechten Illufers, die aus dem 13. Jh. datiert. Nach den Schriftquellen wurde das Bürgerspital im späten 14. Jh. zu seinem heutigen Standort verlegt. Wohl gleichzeitig wurde die neue Ringmauer errichtet, die die ursprünglich ummauerte Fläche vergrössert. Die sich seit dieser Zeit vermehrenden Siedlungsspuren konnten mit den sukzessiven Zuständen des Spitals und dessen Umgebung bis zum 19. Jh. in Verbindung gebracht werden.

par Stéphanie GUILLOTIN




L’église romane de Rouffach

De l’église romane de Rouffach nous sont parvenus les murs extérieurs du transept et des bas-côtés. Les arcades décoratives qui ornent les absidioles se retrouvent à l’abside de l’église d’Eschau (premier tiers du XIIe siècle), qui semble un peu plus récente. Le transept de Rouffach pourrait dater du début du XIIe siècle. Un chapiteau roman de style antiquisant, originaire de Rouffach et pouvant provenir d’une crypte, fut réalisé par l’atelier de la crypte de la cathédrale de Strasbourg (vers 1110-1120). Il s’inspira de sculptures de Mayence (vers 1100-1106) et de Wurtzbourg. Les dalles en remploi au-dessus du portail sud sont apparentées à ce chapiteau. À en juger par ces sculptures et par l’aspect d’une colonnette, l’achèvement de l’église pourrait se situer vers 1120-1130. Le plan avec transept doté de deux absidioles est celui des églises de Wissembourg (1002-1033), Limburg an der Hardt (1030-1042), Andlau (consacrée en 1049) et Surbourg (milieu du XIe siècle). Les absidioles de Surbourg et de Rouffach, s’élevant plus haut que celles de Limburg, correspondent à une solution différente, spécifique à l’Alsace.

Zusammenfassung : Von der romanischen Kirche von Rufach sind die Außenwände des Querschiffs und der Seitenschiffe erhalten. Die Schmuckarkaden der Apsidiolen findet man auch an der Apsis der Kirche von Eschau (1. Drittel des 12. Jh.), die etwas jünger ist. Das romanische Querschiff von Rufach wäre am Anfang des 12. Jahrhunderts anzusetzen. Ein romanisches antikisierendes Kapitell aus Rufach wurde von der Werkstatt der Krypta des Münsters von Strassburg erschaffen, vielleicht für eine Krypta. Es ist von Skulpturen aus Mainz (um 1100-1106) und Würzburg abhängig. Die skulptierten Steinplatten über dem Südportal sind mit diesem Kapitell verwandt. Wenn man die Skulpturen und ein wiederaufgefundenes Säulchen berücksichtigt, könnte die Fertigstellung der Kirche um 1120-1130 erfolgt sein. Das Querschiff mit zwei Apsidiolen findet man auch an den Kirchen von Weissenburg (1002-1033), Limburg a. d. H. (1030-1042), Andlau (1049 geweiht) und Surburg (Mitte des 11. Jh.). Die Absidiolen von Surburg und Rufach sind schlanker als die von Limburg und stellen eine andere, spezifische elsässische Lösung dar.

Jean-Philippe MEYER




Les peintures murales de l’hôtel du Bouclier d’or à Strasbourg : un décor héraldique du XVIe siècle

La maison du 1, rue du Bouclier, abritant actuellement l’hôtel du Bouclier d’or, a été reconstruite en 1552. Acquise par Ulrich de Turckheim en 1570, elle a été ornée de peintures murales dégagées en 2010. Au rez-de-chaussée, le décor héraldique, inspiré des vitraux de cabinet, se conjugue avec les motifs de prédilection de la Renaissance et, à l’étage, une colonne polychromée fait face à une colonne feinte. Ce décor a été restauré par le peintre Edgar Mahler, bien connu pour ses façades librement inspirées de la Renaissance. Malgré une intervention un peu poussée, visant à la création d’une atmosphère adaptée à la nouvelle fonction du lieu, l’iconographie demeure d’un grand intérêt pour l’étude des décors civils de la fin du XVIe siècle.

Zusammenfassung : Das Haus Schildgasse 1 (1, rue du Bouclier) in Straßburg – heute Hôtel du Bouclier d'or – wurde 1552 neugebaut und 1570 durch Ulrich von Türkheim erworben. Seine Wandmalereien wurden 2010 freigelegt. Im Erdgeschoss verbindet sich heraldisches Zierat im Stile der Wappenscheiben der Zeit mit typischen Motiven der Renaissance. Im Obergeschoss stehen sich eine farblich gefasste Säule und eine Säule in Trompe-l'œil-Malerei gegenüber. Diese Ausschmückung wurde durch den Maler Edgar Mahler restauriert, der sonst Fassaden in einem frei von der Renaissance inspirierten Stil gestaltet. Obwohl sein Eingriff, der eine für die neue Funktion des Hauses passende Atmosphäre schaffen wollte, etwas weit geht, bleiben diese Malereien sehr interessant für die Kenntnis der weltlichen Dekoration im späten 16. Jh.

par Anne VUILLEMARD-JENN




De trois artistes strasbourgeois de la guerre de Trente Ans tels que les révèlent des inventaires après décès : le graveur Isaac Brunn, les peintres Johannes Fröbe et Sebastian Stoskopff

Trois inventaires après-décès conservés aux archives municipales de Strasbourg nous permettent d’avoir un aperçu du milieu social et culturel de trois artistes strasbourgeois dont l’activité se situe durant la guerre de Trente ans. Il s’agit du dessinateur et graveur Isaac Brunn collectionneur de livres en partie richement illustrés, du peintre presque inconnu, Johannes Fröbe dont l’œuvre paraît entièrement disparue, et du peintre Sebastian Stoskopff qui, malgré sa célébrité avait un train de vie d’une modestie inattendue.

Zusammenfassung : Drei Nachlassinventare aus dem Straßburger Stadtarchiv (AVES) erlauben einen Blick auf das soziale und kulturelle Umfeld von drei Straßburger Künstlern, deren Tätigkeit in die Jahre des Dreißigjährigen Krieges fällt. Es geht um den Zeichner und Stecher Isaac Brunn, Sammler von teils kostbaren illustrierten Büchern, um den fast unbekannten Maler Johannes Fröbe, dessen Werk vollständig verloren scheint, und um den Maler Sebastian Stoskopff, der unerachtet seiner Berühmtheit einen unerwarteten bescheidenen Lebensstil pflegte.

par Liliane CHÂTELET-LANGE




Un état des lieux de l’état de conservation des enceintes des petites et moyennes villes d’Alsace (1779-1780)

En 1779, le directeur des fortifications d’Alsace, Claude d’Aumont, a fait réaliser une enquête sur l’état de conservation de l’ensemble des enceintes des petites et moyennes villes d’Alsace. La documentation produite à cette occasion permet de saisir la morphologie des enceintes avant les démantèlements régulièrement opérés dans le courant du XIXe siècle ; elle donne à voir des systèmes défensifs bien plus complexes que ne le laissent à penser les seuls vestiges qui en sont conservés aujourd’hui encore.

Zusammenfassung : 1779 ordnete Claude d'Aumont, Direktor der elsässischen Befestigungen, eine Untersuchung über den Erhaltungszustand der Ringmauern aller kleinen und mittleren Städte im Elsass an. Die infolgedessen erstellte Dokumentation beleuchtet die Morphologie der Stadtmauern, bevor sie im 19. Jh. oft abgetragen wurden. Sie stellt Verteidigungsanlagen dar, die viel komplexer waren, als ihre noch heute erhaltene Resten es ahnen ließen.

par Adrien VUILLEMIN




Nouvelles données sur l’ancien hôtel de Hanau-Lichtenberg à Strasbourg (1728-1737) : un dialogue entre Robert de Cotte et Christian-Louis Hermann

La première page du contrat de chantier de l’hôtel de Hanau-Lichtenberg (actuel hôtel de ville) à Strasbourg, en 1731, indique que les plans d’exécution ont été établis par le « Baudirector » du comté. Faute de connaissance approfondie de l’administration comtale de l’époque, les auteurs des monographies parues sur ce bâtiment n’ont pas pu identifier le nom de cet architecte. Il s’agit de Christian-Louis Hermann, connu pour ses réalisations alsaciennes depuis les récents travaux sur le château de Brumath et les aménagements des jardins de Bouxwiller. La présence avérée de Hermann à Bouxwiller avec le comte Jean-René III de Hanau-Lichtenberg entre 1728 et 1730 réinterroge la genèse de cet hôtel strasbourgeois, et le rôle de Hermann dans le dialogue épistolaire du comte avec Robert de Cotte. Joseph Massol ne prend le chantier en main qu’en 1737, après le décès du comte, alors qu’Hermann n’est plus au service de l’héritier du comté, le landgrave de Hesse-Darmstadt.

Zusammenfassung : Die erste Seite des Bauvertrags (1731) des Hanauer Hofs in Straßburg (heute Rathaus) erwähnt, dass die Ausführungspläne durch den „Baudirector“ des Grafen verfertigt wurden. Der Name dieses Architekten blieb den Autoren der bis heute verfügbaren Studien über dieses Gebäude unbekannt, da keine Gesamtstudie eine gute Kenntnis der gräflichen Baubehörde erlaubte. Es war Christian Ludwig Hermann, dessen Tätigkeit im Elsass durch die vor kurzem erschienenen Studien über das Schloss Brumath und die Gartenanlagen von Buchsweiler bekannt geworden ist. Die effektive Gegenwart von Hermann in Buchsweiler zwischen 1728 und 1730, zusammen mit dem Grafen Johann Reinhard III., wirft ein neues Licht auf die Geschichte dieses Straßburger Bauwerks und auf die Rolle Hermanns in dem Briefwechsel des Grafen mit Robert de Cotte. Erst 1737, nach dem Absterben des Grafen, übernahm Joseph Massol die Leitung der Baustelle, da Hermann den Dienst des Landgrafen von Hessen-Darmstadt, des Nachfolgers des Grafen, quittiert hatte.

par Daniel ZIMMER




L’armoire au pot d’oranger : florilège allégorique autour d’un art de vivre aristocratique en 1719

Le Musée historique de Strasbourg conserve une armoire polychrome datée 1719, d’origine inconnue. Si le meuble est de conception simple, son iconographie inhabituelle a suscité plus d’une interrogation. Par la mise en évidence de certaines particularités, l’auteur déroule des origines possibles qui, si elles ne résolvent pas l’énigme du commanditaire, permettent néanmoins quelques avancées dans la connaissance de ce mobilier singulier.

Zusammenfassung : Im Historischen Museum in Straßburg steht ein 1719 datierter, bemalter Schrank. Seine Anlage ist einfach, aber sein ungewöhnliches Bildprogramm wirft Fragen auf. Vf. arbeitet gewisse Besonderheiten heraus, die auf eine mögliche Herkunft hinweisen. Das genügt zwar nicht, um auf die Spur des Auftraggebers zu kommen, aber es bringt immerhin das Verständnis dieses singulären Möbelstücks voran.

par Dominique TOURSEL-HARSTER




Un photographe fort discret : Victor Stribeck (1806-1869)

La naissance du daguerréotype en 1839 a suscité un engouement tout à fait exceptionnel. Une nouvelle forme de représentation émerge. À Strasbourg, en 1848, en marge des photographes professionnels, Victor Stribeck réalise deux beaux daguerréotypes de la ville. Ses œuvres, conservées dans des collections publiques et privées, prouvent l'ampleur de sa production, avec des vues classiques d'architecture ou des créations plus personnelles. La biographie de Victor Stribeck est encore très succincte. Sa vie et ses photographies sont un puzzle que l’étude essaye de reconstituer pour redonner vie à l'homme et à son œuvre.

Zusammenfassung : Die Erfindung der Daguerreotypie im Jahr 1839 wurde mit grosser Begeisterung aufgenommen. Ein neues Medium war geboren. Zwei sehr schöne Aufnahmen von Strassburg aus dem Jahr 1848 stammen von Victor Stribeck, der sich etwas abseits des Berufsfotografenmilieus bewegte. Sein umfangreicher Werkfundus wird heute in öffentlichen und privaten Sammlungen aufbewahrt und umfasst neben klassichen Architekturfotografien auch persönlichere Motive. Victor Stribecks Biografie ist noch sehr lückenhaft. Ziel dieser Studie ist es daher, das Puzzle seines Lebens und Werks zusammenzufügen, um den Menschen und Künstler Stribeck greifbar zu machen.

par Christian KEMPF




Le Schwörtag de Carl Jordan, un tableau monumental retrouvé

Invité par le directeur de la Kunstgewerbeschule Anton Seder pour y enseigner à ses côtés, le peintre autrichien Carl Jordan (1863-1946) réalisa la plus grande partie de sa carrière à Strasbourg, entre 1891 et 1918. L’artiste s’est ainsi signalé par d’importantes commandes publiques (Palais des Fêtes, gymnase du Lycée de Jeunes filles…) et privées et il exposa régulièrement ses travaux à la Maison d’Art alsacienne ou au Salon des Amis des Arts. À l’occasion des expositions Laboratoire d’Europe, Strasbourg 1880-1930 ayant notamment permis la réévaluation des productions des professeurs et élèves de l’École des Arts décoratifs autour de 1900, plusieurs oeuvres de l’artiste ont pu être identifiées et localisées. La découverte la plus spectaculaire concerne son chef-d’oeuvre, une immense toile représentant le Schwörtag, ou „Jour du Serment“, réalisée en 1903 pour l’École supérieure de Jeunes filles de Strasbourg, actuel Lycée international, qui était considéré jusqu’à présent comme disparu dans les bombardements de 1944.

Zusammenfassung : 1891 holte der Direktor der Strassburger Kunstgewerbeschule, Anton Seder, der österreichischen Maler Carl Jordan (1863-1946) als Lehrer in die Stadt. Jordan blieb bis 1918 und verbrachte hier den grössten Teil seines Berufslebens. Neben der Lehrtätigkeit an der Seite Seders schuf er mehrere beteudende Werke für öffentliche Einrichtungen (Palais des Fêtes, Turnhalle der höheren Mädchenschule u. a.) sowie für private Auftraggeber und zeigte seine Arbeiten regelmässig in der Maison d’Art alsacienne und beim Salon des Amis des Arts. Als im Zusammenhang mit den Ausstellungen „Laboratoire d’Europe, Strasbourg 1880-1930“ das Schaffen der Lehrer und Schüler der Kunstgewerbeschule um 1900 einer Neubewertung unterzogen wurde, konnten auch mehrere von Carl Jordans Arbeiten zugeordnet und lokalisiert werden. Die spektakulärste Erdeckung war sein Meisterwerk, das monumentale Gemälde „Der Schwörtag“, das er 1903 für die höhere Mädchenschule, das heutige Lycée international, angefertigt hatte. Seit den Bombardements von 1944 hatte dieses Werk als verschollen gegolten.

par Florian SIFFER




Paul Gélis et la création de l’ « Oratoire alsacien » pour l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925

À l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, Paul Gélis présente un « Oratoire alsacien » dédié à sainte Odile. L’architecte parisien se fait alors le porte-parole de l’Alsace, de son histoire et de son savoir-faire. Certains éléments du langage architectural employé font référence aux constructions régionales alsaciennes. Le registre décoratif évoque quant à lui – plus que l’image d’un pays – l’histoire contée de sainte Odile, la patronne de l’Alsace.

Zusammenfassung : 1925 präsentierte Paul Gélis bei der Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes in Paris ein der heiligen Odilia gewidmetes « Elsässisches Oratorium ». Damit machte sich der pariser Architekt zum Sprachrohr des Elsass und lenkte die öffentliche Aufmerksamkeit auf dessen Geschichte und das in dieser Region beheimatete Wissen und Können. Architektonisch nimmt das Werk Bezug auf die elsässischen Traditionnen, das Bildprogramm hat dagegen nicht das Elsass als solches zum Inhalt, sondern erzählt die Geschichte seiner Schutzpatronin, der heiligen Odilia.

par Florence LAFOURCADE*